Question de style : ne ou pas ne ?

 

dialogues
Cet article m’a été inspiré par un commentaire récent, déposé sur le tome 3 du Chat de jeu de quilles par une cliente Amazon anonyme.

Cette personne écrit en effet : « L’intrigue aurait pu être intéressante, mais l’auteure est fâchée avec les négations ça rend le style primaire et enfantin. »
Plus loin, elle ajoute : « Le style parlé est pas le style lu ».

Je suis absolument d’accord : on n’écrit pas comme on parle et certaines choses qui passent sans problème à l’oral deviennent gênantes, voire choquantes à l’écrit. Mais (car il y a un mais !) quid de la transcription de dialogues, qu’ils soient réels ou intérieurs ?

Le vocabulaire utilisé, les tournures de phrases, les tics de langage sont autant d’éléments caractéristiques d’un personnage. Dans un livre, comme dans la vraie vie, tout le monde ne s’exprime pas de la même façon. Il est donc important que cela se ressente dans le texte.

De nos jours, très peu de personnes prononcent les négations lorsqu’elles parlent. Or, dans Le chat du jeu de quilles, l’action est contemporaine.

La plupart des personnages de l’histoire s’expriment de façon simple et naturelle, sans argot ni injures… mais parfois avec beaucoup de familiarité, et sans prononcer les « ne ». J’ai donc fait le choix de les montrer tels qu’ils sont. Chacun avec sa propre couleur.

Monsieur Thomas est un personnage à part dans cet univers : c’est un vieil homme distingué. Il est issu d’un milieu au niveau d’éducation élevé. Cela se ressent donc dans son langage : lors de ses interventions orales, les négations sont bien présentes.

Je ne suis absolument pas fâchée avec elles (les négations). Mais je ne les utilise pas quand elles ne « collent » pas avec la personnalité de celui ou celle qui s’exprime. Des dialogues écrits de façon plus traditionnelle auraient peut-être convenu à cette cliente anonyme, mais ils n’auraient pas permis de s’immerger vraiment dans l’histoire et de s’imprégner de l’ambiance du village.

J’aurais raté quelque chose et mal fait mon travail d’auteur. En tout cas, c’est comme cela que je le vois. Alors oui, je continuerai à écrire de cette façon. Et tant pis si cette cliente Amazon lit plus mes livres : si le fait de respecter au plus près la personnalité de chacun de mes personnages rend mon style primaire et enfantin, je revendique cette qualité 🙂

Si vous n’êtes pas d’accord, exprimez-vous dans les commentaires : ils sont là pour cela !

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