Négocier son contrat ? Et puis quoi, encore !

Comme la plupart des auteurs indépendants, je fréquente assidûment les réseaux sociaux. Logique : ils sont le meilleur vecteur de communication entre un auteur et ses lecteurs. Entre auteurs aussi, et ce n’est pas le moindre de leurs intérêts !

Et puis, il y a aussi des éditeurs. Et lorsqu’ils interviennent, les discussions sont… éclairantes.

De tout temps, je crois, les relations entre auteurs et éditeurs ont été tendues / difficiles / houleuses. Avec des exceptions, bien sûr : nous ne sommes pas en France pour rien 🙂

Mais une chose est certaine : le déséquilibre était énorme entre les deux.

D’un côté, il y avait l’auteur. Une personne seule, souvent isolée, sans grand moyen de faire connaître ses textes. De l’autre, il y avait l’éditeur. Adossé à une structure, maîtrisant les rouages de la communication et de la distribution de livres.

Le contrat d’édition était donc à l’image de ce déséquilibre.

L’auteur cédait l’ensemble de ses droits, pour la durée légale du droit d’auteur, autrement dit jusqu’à 70 ans après sa mort. L’éditeur imposait souvent un droit de préférence pour les livres suivants. Etc.

L’autoédition numérique a largement changé la donne. Alors, régulièrement, des auteurs se demandent si, plutôt que d’envoyer un manuscrit papier à des maisons d’édition qui répondront (si elles répondent) au mieux sous trois à quatre mois, ils ne feraient pas mieux de s’autoéditer en numérique.

En se disant que si leur livre fonctionne, une maison d’édition viendra les chercher. Et qu’il leur sera possible de négocier certaines clauses de leur contrat.

Ils ont raison : c’est comme cela que les choses fonctionnent aujourd’hui.

Cela dit, quand l’un d’eux demande publiquement sur un réseau social s’il sera en position de négocier certaines clauses du contrat d’édition, il reçoit deux types de réponses.

Celles des auteurs qui sont passés par là et qui savent que la réponse est évidemment oui… et celles des éditeurs ou responsables de collection.

Leur ton est très différent. Un auteur qui aurait bien vendu en numérique ne présenterait aucun intérêt pour un éditeur. Son succès serait donc un handicap. Car son réservoir de lecteurs serait déjà épuisé. Et puis un succès en autoédition ne serait pas gage de qualité… Comme si un succès d’édition était forcément un livre de qualité ! La mauvaise foi n’est pas loin.

Enfin (surtout ?) un auteur qui aurait eu du succès en autoédition pourrait « faire chier son monde ». C’est une citation.

Je conçois en effet que devoir se contenter d’un contrat à durée limitée (5 à 10 ans), laisser ses droits numériques, audio, audiovisuels ou de traduction à l’auteur, renoncer à la clause (abusive) de préférence, etc. puisse « faire chier » un éditeur…

Malheureusement pour lui (et heureusement pour les auteurs), c’est bien la tendance actuelle 🙂

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avril 22, 2018

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    • Bonjour Morgan,

      Merci pour ce commentaire. C’est surtout à chacun de voir ce qu’il est prêt à accepter, ou pas. Ce sur quoi il est prêt à transiger, ou pas 🙂

      Florence

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