Et le numérique, vous en pensez quoi ?

 

Castelnau-de-Lévis
Dimanche dernier, j’étais sur un salon du livre dans un très beau village du Tarn, dans l’enceinte du château que vous voyez sur la photo ci-dessus. Le cadre était superbe, la météo aussi. Le public, par contre, n’a pas vraiment été au rendez-vous. Le match de l’Euro qui opposait au même moment la France à l’Irlande y a peut-être été pour quelque chose…

En tout cas, ce salon était fort bien organisé, avec le repas de midi offert aux auteurs. Et c’est au cours de ce repas que la question, a priori anodine, fut lancée par une organisatrice :

« Et le numérique, vous en pensez quoi ? »

Enthousiaste, j’ai tout de suite répondu que je publiais en numérique et que c’était là que je faisais le plus gros de mes ventes. Autant dire qu’il y a eu comme un flottement autour de la table

Il faut sans doute préciser qu’une bonne partie des auteurs présents vendaient ce que l’on appelle des livres de terroir, souvent historiques, parfois en occitan… toujours en papier bien sûr !

J’ai tout de même été surprise par les réactions, teintées de méfiance et d’hostilité.

Clairement, autour de moi, on voyait surtout le numérique comme une menace. Ou une hérésie. Un truc pas très recommandable. Qu’on aurait bien voulu voir disparaître. Et fait pour les jeunes.

J’ai failli sourire. Il est vrai aussi qu’avec mes 48 ans j’étais la benjamine parmi ceux qui étaient présents lors de cette discussion ! J’ai tout de même précisé que de nombreux quinqua ou sexagénaires publiaient en numérique, mais cela n’a semblé convaincre personne.

« Moi, de toute façon, je ne peux pas lire sur ordinateur ! asséna finalement mon voisin.
— Moi non plus. Je lis sur liseuse.
— C’est la même chose », répondit-il en haussant les épaules.

Je vous passe les détails de la suite de la discussion. Mes explications sur la différence entre la fatigue visuelle générée par les écrans rétroéclairés des ordinateurs et autres tablettes ou smartphones et le confort de l’encre électronique de mon Kindle, l’incontournable référence au toucher tellement agréable du papier dont on ne saurait jamais se passer, etc.

J’ai eu la sensation très nette d’être perçue comme le vilain petit canard. Sensation renforcée dans l’après-midi, alors que pendant que mes voisins parcouraient La Dépêche du Midi en papier, je me régalais de la lecture de L’enjeu de Wendall Utroi sur mon Kindle. Les regards en coin qu’on me jetait en disaient plus que tous les discours !

À croire qu’au milieu de ces vieilles pierres, nous ne vivions pas tous à la même époque 🙂

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  • Ha Ha Florence, Cette situation m’est arrivé si souvent que je te comprends vraiment et que j’admire ton attitude positive face à tant de méfiance et de doutes. Il reste encore beaucoup d’auteurs a informer sur les possibilités du numérique. Merci.

    • Bonjour Chris,

      Merci pour ton commentaire, mais m’admirer, c’est quand même un peu trop ^^
      J’ai fait pas mal de formation dans ma vie, notamment dans le domaine du numérique ; ça laisse des traces : c’est devenu un réflexe. Et tu as raison : il reste beaucoup d’auteurs à informer… surtout dans les contrées reculées dans lesquelles je vis 😉

      Florence

    • Merci à toi JP. Tu sais que c’est un peu (pour ne pas dire beaucoup 😉 ) grâce à toi que j’en suis là aujourd’hui 🙂
      (et pour plus d’efficacité, tu aurais pu le faire en japonais 😀 )

      Flo

    • Bonjour Azel,

      La remarque a fini par être formulée : « Après tout, on s’est bien mis à écrire sur ordinateur ». Comme quoi, en semant des graines, même si certaines ne donnent rien, on finit toujours par aboutir à quelques plantes. Qui à leur tour donneront des graines ^^

      Florence

    • Bonjour Julie,

      Je me doute bien que je ne suis pas la seule ^^
      Ce « décalage » risque de durer encore un bon moment, mais un jour viendra où le numérique ne fera plus peur 😉

      Florence

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