Ainsi soit-elle

Ainsi soit-elle
Voici encore une lecture découverte à l’occasion de la préparation de ma nouvelle trilogie : Ainsi soit-elle, de Benoîte Groult, publié pour la première fois en 1975.

En ce qui me concerne, j’ai lu la version publiée en 2000 chez Grasset. Version enrichie d’un premier chapitre intitulé Ainsi soient-elles au xxie siècle, qui s’achève sur cet extrait (il est bien sûr question des femmes) :

« Si elles ne défendent pas elles-mêmes les droits conquis par leurs mères, personne ne le fera pour elles. Et un droit qu’on n’exerce pas est un droit qui meurt. Une liberté dont on oublie le prix est une liberté en péril.

C’est pourquoi il n’est jamais trop tard pour lire un livre féministe. Ni trop tôt. Ils n’ont hélas pas pris une ride depuis vingt-cinq ans ! »

Seize années supplémentaires ont passé et force est de constater que les choses n’ont toujours pas beaucoup évolué. Il est vrai que les sociétés évoluent lentement. Or il n’y a rien de plus ancré dans la nôtre que la supériorité du masculin sur le féminin.

Le livre de Benoîte Groult est très documenté et la liste qu’elle fait de tous les mauvais traitements infligés aux femmes au cours de l’histoire a de quoi faire frémir. Ce n’est pas une liste, c’est une litanie ! Allant de l’horreur la plus sanglante (l’infibulation pratiquée par certains peuples africains) au mépris le plus joliment emballé :

« Le destin de la femme doit rester ce qu’il est : dans la jeunesse celui d’une délicieuse et adorable chose ; dans l’âge mûr celui d’une épouse aimée. » La sentence est de Freud.

Freud dont toute la philosophie repose sur une certitude : l’absence de pénis rend les femmes castratrices. Comme le dit avec humour l’auteure : « Dans toute cette affaire, l’obsédé du pénis, n’est-ce pas Freud ? »

En fait de castration, ce sont surtout les femmes, de tout temps, qui ont été visées. L’ablation du clitoris, cet organe d’autant plus inutile et dangereux qu’il est source de plaisir féminin, a été (est toujours) largement répandue.

Certes, cela se passe ailleurs. Pas en France ! Mais en France, la ceinture de chasteté a tout de même été utilisée jusque dans les années 1890 et « En justice, pendant longtemps, le témoignage de 3 femmes ne valait pas celui de 2 hommes ». Ne me dites pas que les bras ne vous en tombent pas !

Ces années 1970 ont décidément été très riches en prises de parole féminines et en espoirs. 1975 étant même déclarée Année de la Femme par l’ONU.

« Dans l’euphorie de nos libertés toutes neuves et des beaux discours égalitaires, nous avions pu croire que “c’était arrivé” […] En fait, l’effet boomerang se mettait déjà en place. Le M.L.F. devenait un épouvantail, la féministe, une caricature synonyme de lesbienne et de châtreuse d’hommes, et le féminisme, un mot qu’on n’osait plus prononcer. »

Et cela a duré… Jusqu’à ce qu’une nouvelle vague se lève au début des années 2000, notamment avec la création en 2009 de l’association très justement appelée Osez le féminisme !

Alors, parce qu’il n’est jamais trop tard (ni trop tôt), je vous encourage tous, hommes et femmes, jeunes et vieux, à lire Ainsi soit-elle 🙂

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février 18, 2016

  • Bonjour, La victoire se rapproche même si l’on a tendance à croire que ce combat est sans fin et que les femmes resteront toujours ce qu’elles ont été, notamment dans certains pays pour lesquels la religion ou la culture met en valeur le sexe masculin.
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    • Bonjour,

      Je ne pense pas que le combat soit fin ou que les femmes n’arrivent pas à devenir ce qu’elles sont (à savoir un être humain comme l’autre ^^). Mais je pense que le chemin va être encore très long (on n’efface pas si facilement des millénaires d’habitude) et, surtout, qu’il faut garder en tête que rien n’est jamais gagné.

      Florence

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