La preuve que mes livres sont bons

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Il pourrait être mon père. D’ailleurs, il me rappelle souvent que j’ai le même âge que sa fille aînée. Et chaque dimanche d’été, il passe me voir sur mon stand au marché. Depuis toujours. Enfin, depuis que j’ai un stand, à savoir depuis dix ans. Déjà !

Pendant des années, il s’est presque excusé à chaque fois. De ne pas lire de romans. De ne pas être intéressé par mes livres. Évidemment, je ne lui en ai jamais voulu ! Tout le monde ne me lit pas, c’est un fait. Ce n’est pas une raison pour refuser mon amitié.

Chaque fois, c’est avec plaisir que je le vois arriver. Il fait partie de ces gens, un peu cassés, beaucoup artistes, qui mettent de la couleur (au sens propre aussi, en ce qui le concerne !) dans la vie. Et j’aime bien ces personnalités qui dénotent.

Il y a quelque temps de cela, il a fini par se sentir obligé de lire quelque chose que j’avais écrit. Ce n’est pas comme cela qu’il l’a dit, mais c’est comme cela que je l’ai compris. En tout cas, il y est allé du bout des lèvres. Pas avec réticence, mais peut-être bien avec inquiétude. De peur de ne pas aimer.

Il a emprunté le premier tome du Chat du jeu de quilles à la bibliothèque du village.

Quelques jours plus tard, quand je l’ai revu, il était plus lumineux et expansif que jamais : il avait fini la trilogie et ne tarissait pas d’éloges sur mon écriture et ces deux personnages, Marc et Manon, qu’il avait tant aimés.

Je lui ai alors expliqué comment la récurrence de ces retours de lecteurs m’avait petit à petit poussée à me lancer dans une nouvelle trilogie avec mes deux journalistes. Parce qu’au fil de la lecture, les gens se sont attachés à ces deux personnages.

« C’est la preuve que tes livres sont bons », m’a-t-il dit.

Je ne sais pas s’il a raison, mais savoir que Marc et Manon font désormais partie de la vie de milliers de gens tout autant que de la mienne est un immense plaisir. Et lui avoir redonné le goût de la lecture de fictions, à lui qui ne lisait plus que des essais philosophiques, est un vrai bonheur 🙂

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    • Bonjour Chani,

      Comme tu dis, une vie entière ! En plus, c’est la seconde fois qu’on me le dit cette année… et à chaque fois, c’était un homme.
      Une autre personne, un jour, m’a dit que j’écrivais comme un homme. Faudrait-il y voir un lien de cause à effet ? (si tant est qu’il y ait du vrai dans cette affirmation, évidemment…)

      Florence

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