Les Ravagé(e)s

Les Ravagé(e)s

Paru chez Fleuve voir, Les Ravagé(e)s, de Louise Mey est un livre mordant, militant, qui bouscule le lecteur autant que ses protagonistes principaux.

Une lecture pas toujours facile, mais qui peut amener à réfléchir. Un alcool fort à ne pas mettre entre toutes les mains, qui décape.

Voici la quatrième :

Andréa est une silhouette chancelante après un énième samedi soir alcoolisé. Ses amies ont prolongé la fête, les taxis ont déserté la place, le vide a empli l’espace et on n’a qu’une envie, ici et maintenant : faire passer le temps plus vite. Mais pas le choix. Il s’agit d’être pragmatique : mettre un pied devant l’autre, entendre le bruit de ses pas en triple exemplaire et trouver ça normal, fixer la lumière, un point de civilisation. Ne pas tomber.

Pourtant, cette nuit-là ne ressemble pas aux autres. La tête collée au bitume, dans l’urine et la poussière, Andréa a mal.

Alex est flic et mère célibataire. Elle officie aux crimes et délits sexuels d’un commissariat du nord de Paris. Chaque jour, elle voit défiler les plaintes pour viol, harcèlement, atteinte à la pudeur. L’ambiance est à l’anesthésie générale et il faut parfois lutter pour continuer à compatir. Ses parades pour éviter de sombrer : la bière, sa fille et les statistiques.

Sauf quand deux affaires viennent perturber la donne.

Voilà pour le cadre et l’ambiance. Le sujet est donc éminemment d’actualité, bien que le livre ait été publié en 2016. La façon de le traiter est très personnelle.

L’autrice commence par cultiver une certaine ambigüité, qui ne manquera pas d’entraîner le lecteur sur de fausses pistes. C’est l’une des forces de ce livre que de nous obliger à aller au-delà des apparences, qui sont bien souvent trompeuses.

On pourra peut-être reprocher quelques longueurs à ce texte. Il n’en est pas moins dense. Alex et son coéquipier Marco sont terriblement humains, avec leurs failles et leur dévouement. Attachants aussi. Et cette enquête tellement particulière va les secouer profondément.

Bref, c’est noir, c’est fort, c’est déstabilisant, ça met le doigt sur les ravages d’une société qui a enfanté #balancetonporc et #metoo. C’est à lire.

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mai 29, 2018

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