Ces maisons d’édition qui n’en sont pas

 

Un monde de rapaces
Dans le cadre de mon activité de biographe, j’ai été récemment sollicitée par une jeune « maison d’édition » (vous remarquerez les guillemets) à la recherche d’auteurs.

La personne m’expliquait qu’elle venait de créer son entreprise, qu’elle faisait donc un appel à manuscrits et que si, parmi mes clients, certains étaient intéressés, elle pouvait leur proposer des tarifs très compétitifs.

Forcément, j’ai tiqué.

Cette personne ne sait sans doute pas qu’en plus d’être biographe, je suis également auteur. Auteur auto-édité qui plus est, donc parfaitement apte à faire la différence entre une maison d’édition (sans guillemets) et quelqu’un qui cherche à abuser les auteurs en leur faisant miroiter monts et merveilles contre espèces sonnantes et trébuchantes.

Quoique, de nos jours, les espèces ne sonnent et ne trébuchent plus guère… Mais vous avez saisi l’idée !

Je passe sur le fait que les tarifs proposés étaient nettement plus élevés que ceux pratiqués par mon imprimeur. Celui-ci a beau être également éditeur, il fait clairement la distinction entre ses deux activités et ne cherche pas à gruger le client.

Ce qui m’a fait vraiment sortir de mes gonds, c’est ma visite sur le site Internet de la personne en question. Oui, je suis du genre à aller voir ce qu’il en est, à prendre de mon temps pour constater jusqu’à quel point on prend les auteurs pour des imbéciles (pour ne pas dire autre chose) et même, gaspillage de temps suprême, à en faire un article sur ce blog 🙂

Bref, sur ce site Internet, une page fièrement intitulée Compte d’éditeur commence par ce paragraphe : « Adoptée par des centaines d’auteurs chaque année, Par le passé, des plumes de renom ont choisi le compte d’auteur – citons notamment Marcel Proust, qui a publié ainsi Du côté de chez Swann chez Grasset. »

La construction de la phrase est plutôt hasardeuse (et je ne parle pas de la typographie), mais le plus grave, c’est qu’il ne s’agit absolument pas de compte d’éditeur… Alors, certes, dans la suite de la page (une autre page, en fait) notre « maison d’édition » explique que dans le cadre de coups de cœur elle pratique l’édition à compte d’éditeur.

Dans ce cas, l’auteur conserve ses droits, mais ne reçoit aucune rémunération. On lui offre simplement trente exemplaires de son livre, qu’il doit vendre lui-même.

Un point reste flou : doit-il, en plus, participer aux frais d’impression ?

Dans tous les cas, on prend vraiment les gens pour des c…

Poliment, j’ai répondu à la dame en lui disant que ses prix étaient nettement moins intéressants que ceux de mon imprimeur et en lui précisant qu’il y avait une erreur sur son site puisque sa page s’intitulait compte d’éditeur alors que ce qu’elle propose s’apparente plus à du compte d’auteur.

Réponse, dans l’heure suivante : « Non il n’y a pas d’erreur, je fais aussi du compte d’éditeur mais pas les autobiographies. »

Le ridicule ne tue pas. La mauvaise foi évidente non plus…

Tout cela pour dire une fois de plus (mais on ne le dira jamais assez) que certaines « maisons d’édition » sont à fuir comme la peste et que seul on peut obtenir de bien meilleurs résultats pour un coût bien moins élevé.

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septembre 10, 2014

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  • C’est très bien écrit. Mieux que mon Tome 1 !
    Mais c’est corrigé.
    Que veux tu ? Des tas de jeunes (diplômés) crèvent de faim et essaye de s’en sorti, de chez eux, avec un ordinateur…
    En tout cas, merci d’avoir pris le temps de nous écrire ce texte…

    Sylvain scapa (Hôpital de Montjoie, Kindle)

    • Bonjour Sylvain,

      Bienvenue sur mon blog et merci pour ce premier commentaire, mais en l’occurrence, la dame dont il est question dans cet article n’a rien d’une jeune diplômée crevant de faim, bien au contraire ^^

      Florence

  • Mon premier roman a été à compte d’éditeur « déguisé ». On ne paye rien au départ mais à l’arrivée il faut acheter les livres pour les vendre… Quand ce n’est pas à perte car l’éditeur fait une remise de 20% et les libraires prennent 30%.
    j’ai créé ma maison d’édition (rien que pour moi, un luxe) et donc je suis auto éditée et c’est un pur bonheur tant je suis libre… Votre article est très clair là-dessus. Cordialement. Annette

    • Bonjour Annette,

      Merci pour votre témoignage. Le compte d’éditeur « déguisé » comme vous dites est malheureusement extrêmement courant. Dans ce domaine comme dans beaucoup d’autres, il vaut mieux être seul que mal accompagné 🙂

      Florence

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