Comme un saut dans le vide

Saut dans le videPublier son livre, c’est un peu comme sauter en parachute ou au bout d’un élastique : il y a de la peur, du vertige… et l’obligation de tout lâcher !

Des mois, peut-être des années, que vous couvez votre bébé. Que vous le bichonnez, le peaufinez, l’aidez à grandir pour qu’il tienne bien debout tout seul. Et si vous vous écoutiez, il y a fort à parier que vous continueriez encore un peu.

Parce qu’il y a toujours un petit truc qui pourrait être amélioré. Parce que cette phrase, là, et ce paragraphe, ici, ne vous satisfont pas tout à fait. Mais vous vous êtes engagé. Vous avez dit, annoncé, promis, que votre livre sortirait à telle date.

Alors vous n’avez pas le choix : vous devez sauter. Et laisser votre texte se débrouiller tout seul, dans le vaste monde, sans vous. Enfin… Pas tout à fait, quand même ! C’est comme avec les enfants : ce n’est pas parce qu’ils sont devenus adultes qu’ils n’ont plus besoin de vous.

Votre livre a encore besoin de votre aide pour exister. De votre présence assidue à ses côtés pour le promouvoir et le soutenir. Mais il existe bel et bien sans vous.

Ce moment où les premiers exemplaires sont vendus, où vous recevez les premiers commentaires des lecteurs… C’est comme un saut dans le vide : vous savez que quelque chose de grand va se passer, mais vous ne savez pas exactement quoi. En tout cas, l’émotion, pour ne pas dire les émotions (fortes !) sont au rendez-vous.

Et quand vous retrouvez le plancher des vaches, vous ne pensez plus qu’à une chose : retrouver ces sensations. Avec l’histoire d’après.

Mais avant, avant le grand saut, quand vous êtes là, debout dans l’avion ou sur la plateforme, quand on est en train de vous harnacher, vous n’avez qu’une idée : partir en courant ! Et vous savez quoi ? Aujourd’hui, je suis sur la plateforme !

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  • Chère Florence,

    Encore une excellente publication sur ce blog que j’ai pris l’habitude de fréquenter. Ton texte résonne étrangement avec un passage du livre de Joël Dicker « La vérité sur l’affaire Harry Quebert » (excellent livre !!!) que je viens de terminer et dont je laisse ici la trace :

    « Un nouveau livre, Marcus, c’est une nouvelle vie qui commence. C’est aussi un moment de grand altruisme : vous offrez, à qui veut bien la découvrir, une partie de vous. Certains adoreront, d’autres détesteront. Certains feront de vous une vedette, d’autres vous mépriseront. Certains seront jaloux, d’autres intéressés. Ce n’est pas pour eux que vous écrivez, Marcus. Mais pour tous ceux qui, dans leur quotidien, auront passé un bon moment grâce à Marcus Goldman. Vous me direz que ce n’est pas grand-chose, et pourtant, c’est déjà pas mal. Certains écrivains veulent changer la face du monde. Mais qui peut vraiment changer la face du monde. ?

    Je te souhaite plein de commandes et plein de beaux commentaires de lecture.
    Bises
    Patricia

    • Bonjour Patricia,

      Merci pour ton passage ici 🙂
      J’ai aussi beaucoup apprécié La vérité sur l’affaire Harry Québert, mais j’avais un peu oublié tous ces passages où le métier d’écrivain est décortiqué… Il va falloir que je le relise ! Merci pour ce rappel 😉
      J’espère que mes lecteurs passeront un bon moment avec Le chat du jeu de quilles… et qu’ils partageront leurs impressions 🙂

      Florence

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